LavĂ©ritĂ© est relative, plurielle et propre Ă  chaque sujet. La philosophie est la recherche de la vĂ©ritĂ©. Mais qu'est-ce que la vĂ©ritĂ© ? La difficultĂ© rĂ©side dans le fait que si nous possĂ©dions la vĂ©ritĂ©, nous n'aurions pas Ă  la chercher, mais que si nous n'avions aucune idĂ©e d'elle, nous ne pourrions nous demander ce qu'elle est. 1. Citationssur Croire nous empĂȘche t-il de chercher la vĂ©ritĂ©? : Impossible pour moi, de croire Ă  une vĂ©ritĂ© qui serait derriĂšre nous. La seule vĂ©ritĂ© Ă  laquelle je crois en est une qui se dĂ©couvre lentement, graduellement, pĂ©niblement, et qui imperceptiblement s'augmente chaque jour. - Quoide plus naturel qu’un journal toujours au plus prĂšs de l’actualitĂ© comme le notre et cherchant Ă  reproduire la vĂ©racitĂ© des faits se penche sur l’une des questions du bac de philosophie qui avait lieu lundi. Cette question, la voici : «Quel besoin avons- nous de chercher la vĂ©ritĂ© ?» Afin de rĂ©pondre Ă  ce questionnement LespiĂšges Ă  Ă©viter ‱ La notion de devoir ne doit pas vous inviter Ă  rĂ©citer ce que vous connaissez de la morale kantienne. ‱ « Chercher la vĂ©ritĂ© » ne concerne pas que le scientifique (ou le philosophe) : ne consacrez pas votre copie Ă  leur seule dĂ©ontologie. Sinous avons le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© (et non simplement le savoir), c'est parce que nous avons le devoir de devenir des hommes "vĂ©ritables" et si nous avons ce devoir, c'est que son humanitĂ© n'est pas donnĂ©e Ă  l'homme, mais doit ĂȘtre conquise. "Et il me sera loisible de possĂ©der la vĂ©ritĂ© dans une Ăąme et dans un corps." Larecherche de la vĂ©ritĂ© c'est la quĂȘte du bonheur. Notre esprit doit apprĂ©cier les instants joyeux. Le bonheur est un aboutissement car notre cƓur le souhaite. Seulement avec la cupiditĂ© certaines personnes ne veulent pas du bonheur des autres. Des avis faussent le nĂŽtre. Avec ces nuisances nous avons alors un manque d'objectivitĂ©. Chercher l'objectivitĂ© ou la vĂ©ritĂ© RefrainC’est toujours en remplissant son devoir que l’homme change peu Ă  peu. Et de cette façon il montre sa loyautĂ©. Le processus est le mĂȘme. Plus tu peux accomplir ton devoir, plus tu recevras de vĂ©ritĂ©s, et ton expression deviendra plus rĂ©elle. Oui, elle sera plus rĂ©elle. Ⅰ Si en faisant son devoir, l’homme 31/05 Ă  13:18] ~Vladimir Poutine Jr ☝ : Le corrigĂ© : Sujet 1 :*Avons nous le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© ?* *Introduction* *ProblĂ©matique :* la formulation du sujet peut Ă©tonner. La vĂ©ritĂ© rats“‱ ‘'-JT. .‱*'» v*~ Pi -« fr,*. fT-Ăź. V ;-ĂŠK r-vr” r ‱ .ÂŁ ^$*4 ‱'‱ ‱K*? J ta ' vtfr.» T-V: .* 5 ‘ i *$ ‱*>*& «WW ‱V^’i ^s;’v MadameBissonnette, Ce petit mot pour vous dire combien ma conjointe, Manuela, et moi avons apprĂ©ciĂ© votre article de ce matin « Pour dtX9GS. Deux fois par mois, Le Devoir lance Ă  des passionnĂ©s de philosophie et d’histoire des idĂ©es le dĂ©fi de dĂ©crypter une question d’actualitĂ© Ă  partir des thĂšses d’un auteur marquant. Alors, quoi ? ce livre, ce n’était que cela ? Ces ĂȘtres Ă  qui on avait donnĂ© plus de son attention et de sa tendresse qu’aux gens de la vie, n’osant pas toujours avouer Ă  quel point on les aimait [
] ; ces gens pour qui on avait haletĂ© et sanglotĂ©, on ne les verrait plus jamais, on ne saurait plus rien d’eux », Ă©crit Marcel Proust dans JournĂ©es de lecture Folio, 2016, un essai publiĂ© en 1906. Je dĂ©couvre cette phrase, aujourd’hui, alors que je viens tout juste de lire Morphine Folio, 2015, une nouvelle du mĂ©decin-Ă©crivain russe MikhaĂ«l Boulgakov, publiĂ©e en 1927. J’ai l’impression que Proust me comprend. Je viens d’accompagner pendant quelques heures, sur fond de rĂ©volution russe de 1917, le docteur Bomgard, qui se sent enfin libre aprĂšs avoir quittĂ© son poste de mĂ©decin de campagne pour pratiquer dans le chef-lieu du district, et le docteur Poliakov, son collĂšgue morphinomane en dĂ©tresse amoureuse. Ce dernier, dĂ©jĂ  cruellement privĂ© de sa femme, perd sa volontĂ© et meurt de sa nouvelle dĂ©pendance Ă  la drogue. Photo Le Devoir L’auteur Louis Cornellier est professeur au cĂ©gep de Joliette et chroniqueur au Devoir». J’ai Ă©tĂ© fascinĂ©, Ă©mu, bouleversĂ© par la lecture du journal de Poliakov, qui constitue le coeur de Morphine. La mort du mĂ©decin me trouble et me fait mal. Le livre se termine, et je me dis Alors, quoi ? ce livre, ce n’était que cela ? » Ces deux ĂȘtres qui sont entrĂ©s dans ma vie viennent d’en sortir, et c’est tout ? Je cherche, dans Morphine, du sens pour moi — que me dit cette histoire, de l’homme, de la sociĂ©tĂ©, de la vie ? —, le livre est fini, je suis seul et je cherche. Presque par hasard — les deux livres ont Ă©tĂ© rééditĂ©s rĂ©cemment dans la collection Folio 2 €— j’enchaĂźne avec Proust, et mon trouble trouve quelque lumiĂšre. Nous voudrions, Ă©crit le romancier français, [que l’auteur] nous donnĂąt des rĂ©ponses, quand tout ce qu’il peut faire est de nous donner des dĂ©sirs. » Proust ajoute que ce qui est le terme de leur sagesse [celle des bons livres] ne nous apparaĂźt que comme le commencement de la nĂŽtre, de sorte que c’est au moment oĂč ils nous ont dit tout ce qu’ils pouvaient nous dire qu’ils font naĂźtre en nous le sentiment qu’ils ne nous ont encore rien dit ». La lecture serait-elle, comme la consommation de drogue, une activitĂ© grisante mais frustrante ? Le monde en nous Dans JournĂ©es de lecture, rĂ©digĂ© en guise de prĂ©face Ă  un essai de l’écrivain britannique John Ruskin, Proust explore cette expĂ©rience. Il n’y a peut-ĂȘtre pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vĂ©cus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passĂ©s avec un livre prĂ©fĂ©rĂ© », Ă©crit-il d’abord, confortant ainsi tous les grands lecteurs du monde dans leur conviction qu’ils n’ont pas errĂ©. Proust confie ainsi que, dans sa jeunesse, il lisait sans cesse, dans sa chambre, au parc, partout. Ce que ces lectures d’enfance laissent surtout en nous, constate-t-il non sans surprise, c’est l’image des lieux et des jours oĂč nous les avons faites ». Nous croyions nous ĂȘtre retirĂ©s du monde pour lire et nous dĂ©couvrons, plus tard, que le monde est entrĂ© en nous plus fortement pendant que nous lisions. Quel lecteur, aprĂšs rĂ©flexion, dira le contraire ? Je me souviens de moi, lisant une version pour enfants de La case de l’oncle Tom, le classique d’Harriet Beecher-Stowe, un livre qui m’a vaccinĂ© contre le racisme pour le reste de mes jours, assis dans la petite balançoire installĂ©e sous l’auvent de la voiture de ma mĂšre, Ă  Saint-Gabriel-de-Brandon ; j’ai des images de moi, jeune lecteur, l’étĂ©, couchĂ© Ă  plat ventre sur le lit de ma petite chambre, pour dĂ©vorer Tom Sawyer, de Mark Twain, que j’ai reçu en prix d’excellence Ă  la fin de ma 4e annĂ©e du primaire, en plus d’un bĂąton et d’une balle de baseball. À l’adolescence, Ă  la mĂȘme place, dans la mĂȘme position, je lirai Les Plouffe, de Roger Lemelin, que mon grand-pĂšre adorĂ© m’a prĂȘtĂ©. À 20 ans, Ă©tudiant en littĂ©rature, toujours au modeste premier Ă©tage de ma maison familiale, aprĂšs une journĂ©e de travail estival Ă  la pharmacie du coin, c’est L’ñme dĂ©sarmĂ©e, d’Allan Bloom, qui m’accompagne. Proust a raison les lectures de jeunesse font entrer le monde qui nous entoure en nous, avec les mots. Quand il prĂ©sente la thĂšse de Ruskin, le romancier, qui n’a pas encore Ă©crit À la recherche du temps perdu, poursuit son hymne Ă  la lecture. Cette derniĂšre, pour l’écrivain anglais, est, explique Proust, exactement une conversation avec des hommes beaucoup plus sages et plus intĂ©ressants que ceux que nous pouvons avoir l’occasion de connaĂźtre autour de nous ». Une pure merveille, donc. En contestant Ruskin sur un point, Proust va mĂȘme plus loin. La notion de conversation », nuance-t-il, n’est peut-ĂȘtre pas la plus appropriĂ©e pour aller au coeur mĂȘme de l’idĂ©e de lecture ». Nous pouvons, en effet, avoir des amis prĂ©cieux et brillants avec qui converser. Toutefois, la diffĂ©rence principale entre un livre et un ami, ce n’est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la maniĂšre dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous Ă  recevoir communication d’une autre pensĂ©e, mais tout en restant seul, c’est-Ă -dire en continuant Ă  jouir de la puissance intellectuelle qu’on a dans la solitude et que la conversation dissipe immĂ©diatement, en continuant Ă  pouvoir ĂȘtre inspirĂ©, Ă  rester en plein travail fĂ©cond de l’esprit sur lui-mĂȘme ». Proust parle donc du miracle fĂ©cond d’une communication au sein de la solitude », tout en prĂ©cisant, Ă©tonnamment, que cette grandeur de la lecture est aussi ce qui fixe son incomplĂ©tude et ce qui devrait nous faire prendre conscience du rĂŽle Ă  la fois essentiel et limitĂ© que la lecture peut jouer dans notre vie spirituelle ». Serait-elle donc une merveille nĂ©cessaire mais insuffisante ? AmitiĂ© et vĂ©ritĂ© La lecture, Ă©crit Proust, est une amitiĂ© » qui s’adresse Ă  un mort, Ă  un absent », et cela fait son prix. Les livres, continue l’écrivain, n’exigent pas d’amabilitĂ© de notre part et permettent donc une amitiĂ© sincĂšre ». Nous ne les frĂ©quentons pas pour leur faire plaisir, mais parce que nous en avons envie ». Nous n’avons pas Ă  nous demander, en les quittant, si nous avons bien agi avec eux en leur prĂ©sence. Pendant la lecture, pas de faux-semblants. Nous ne rions de ce que dit MoliĂšre que dans la mesure exacte oĂč nous le trouvons drĂŽle, explique Proust ; quand il nous ennuie, nous n’avons pas peur d’avoir l’air ennuyĂ©, et quand nous avons dĂ©cidĂ©ment assez d’ĂȘtre avec lui, nous le remettons Ă  sa place aussi brusquement que s’il n’avait ni gĂ©nie ni cĂ©lĂ©britĂ©. » Cette expĂ©rience est prĂ©cieuse, Ă©videmment. Ces amis sont si attachants, si Ă©mouvants et si profonds qu’on ne peut qu’en venir Ă  croire, Ă  les frĂ©quenter, qu’ils donneront rĂ©ponse Ă  toutes nos grandes questions, qu’ils nous rĂ©vĂ©leront la vĂ©ritĂ©. Or, on l’a vu plus tĂŽt, cette attente ne peut qu’ĂȘtre déçue. J’ai lu Boulgakov, son mĂ©decin morphinomane m’a happĂ©, bouleversĂ©, alors, quoi » ? Il me laisse dĂ©semparĂ©, avec plus de questions encore qu’avant, livrĂ© Ă  ma solitude de lecteur poursuivant le Graal sans l’atteindre. Aurais-je mal choisi mon ami ? Pourtant, Maupassant, Tchekhov, Guillevic, Miron et les autres ont le mĂȘme effet sur moi. Alors, quoi ? Dans le labyrinthe du sens Alors, explique Proust, il convient peut-ĂȘtre enfin d’accepter l’insuffisance de la lecture, c’est-Ă -dire de reconnaĂźtre que notre sagesse commence oĂč celle de l’auteur finit », que la lecture est au seuil de la vie spirituelle ». Elle me donne l’impulsion nĂ©cessaire Ă  ma quĂȘte de vĂ©ritĂ©, en me faisant rencontrer un grand esprit au sein de la solitude », mais elle ne saurait me donner, toute faite, cette vĂ©ritĂ©. Elle me rappelle sans cesse que je serais prĂ©somptueux de croire que je peux penser par moi-mĂȘme de moi-mĂȘme, tout en me disant que, si elle m’accompagne volontiers, ce n’est pas pour m’épargner l’épreuve solitaire du labyrinthe du sens. Je voudrais me reposer en elle ; elle m’offre une sagesse qui ne dĂ©bouche que sur un Ă©lan et un pari. Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mĂȘmes la porte des demeures oĂč nous n’aurions pas su pĂ©nĂ©trer, son rĂŽle dans notre vie est salutaire, explique Proust. Il devient dangereux au contraire quand, au lieu de nous Ă©veiller Ă  la vie personnelle de l’esprit, la lecture tend Ă  se substituer Ă  elle, quand la vĂ©ritĂ© ne nous apparaĂźt plus comme un idĂ©al que nous ne pouvons rĂ©aliser que par le progrĂšs intime de notre pensĂ©e et par l’effort de notre coeur, mais comme une chose matĂ©rielle dĂ©posĂ©e entre les feuillets des livres comme un miel tout prĂ©parĂ© par les autres et que nous n’avons qu’à prendre la peine d’atteindre sur les rayons des bibliothĂšques et de dĂ©guster ensuite passivement dans un parfait repos de corps et d’esprit. » Un livre, mĂȘme le plus grand, le plus beau, le plus profond, n’est pas la vĂ©ritĂ© ni ne la contient. Il n’est que l’ange qui s’envole aussitĂŽt qu’il a ouvert les portes du jardin cĂ©leste » et qui reçoit une dignitĂ© vraie des pensĂ©es [qu’il] Ă©veille ». Le lecteur doit le savoir il n’y aura pas de passe-droit ; la lecture ouvre le lecteur Ă  la vĂ©ritĂ©, mais ne la lui donne pas, le renvoyant plutĂŽt Ă  lui-mĂȘme, transformĂ© par l’expĂ©rience littĂ©raire. J’écris cet essai parce que, depuis hier, l’ange de Proust s’en est allĂ©, me laissant ainsi, au beau milieu du labyrinthe, avec quelques pensĂ©es de plus et le soin de trouver la voie. Quelque chose me dit que j’aurai besoin de quelques journĂ©es de lecture de plus. Des commentaires ? Écrivez Ă  Robert Dutrisac. Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo. À voir en vidĂ©o L'ÉVANGILE DE LA VÉRITÉ Ioannes Alaythia * * * CHAPITRES 1 - 2 - 3 - 4 - 5 CHAPITRE 1 RĂ©cit des annales extrait de la conscience de Christ en nous, l'anticipation de la gloire, que l'Esprit des vivants, notre Souverain suprĂȘme nous accorde pour la gloire de son nom et pour l'Ă©dification des Ă©lus, selon le bon plaisir de sa volontĂ©. La tempĂȘte Ă©clata au crĂ©puscule, les grondements de la foudre se firent entendre au milieu d'Ă©clairs qui illuminaient le ciel obscurci, et la pluie commença Ă  tomber avec des vents orageux. Deux hommes s'empressaient Ă  grands pas pour atteindre l'Auberge du Vieux Moulin dans un petit village non loin d'Antioche, afin de ne pas ĂȘtre trempĂ©s. L'endroit Ă©tait renommĂ© pour son hospitalitĂ© et son potage chaud qui rĂ©chauffait les voyageurs. Ils dĂ©cidĂšrent d'y passer la nuit et de reprendre la route au soleil levant. Ils avaient reçu un message Ă  JĂ©rusalem d'un ami, d'Alexandre le forgeron, demandant leur assistance pour l'accouchement de sa femme qui Ă©tait tombĂ©e gravement malade. La sommation Ă©tait urgente. Le temps pressait, il fallait arriver Ă  Antioche avant son terme. AprĂšs avoir mangĂ©, Jean et Luc se retirĂšrent Ă  leur chambre, un petit recoin avec de la paille fraĂźche pour se reposer aux roucoulements des tourterelles qui s'y rĂ©fugiaient durant la tempĂȘte. À la lumiĂšre du jour, le soleil brillait de nouveau et ils reprirent la route, arrivant Ă  leur destination vers midi. Traversant le grand marchĂ©, ils se procurĂšrent quelques fruits et lĂ©gumes puis se rendirent Ă  la maison d'Alexandre oĂč ils furent reçus chaleureusement par leur ami et sa famille, incluant quelques soldats romains qui s'intĂ©ressaient dans le travail du forgeron. AprĂšs les Ă©changes amicaux, ils passĂšrent Ă  des choses plus sĂ©rieuses. Luc qui Ă©tait mĂ©decin demanda de voir la femme d'Alexandre. On l'amena dans la chambre oĂč elle se trouva, et voyant qu'elle faisait une grande fiĂšvre et que c'Ă©tait dangereux aussi pour l'enfant qu'elle portait, et qu'elle Ă©tait fort agitĂ©e, ils se mirent en priĂšre, implorant le Seigneur JĂ©sus en sa faveur. Puis Luc lui prĂ©para un remĂšde de plantes mĂ©dicinales et lui fit boire. Quelques temps aprĂšs elle se calma, sa fiĂšvre avait diminuĂ©e, et elle dormit paisiblement. Tous plein d'espĂ©rance se retirent dans la grande salle de la maison pour la fĂȘte, mais Jean demeurait avec elle pour veiller et prier. Plus tard il se joint aux autres et plusieurs voulaient entendre le message que le Seigneur leur avait donnĂ© pour eux. Des enfants, courant çà et lĂ  s'arrĂȘtĂšrent subitement quand Jean commença Ă  parler, leur annonçant Ă  tous le message de la grĂące souveraine dans le sacrifice de JĂ©sus sur la croix. Les cƓurs furent vivement touchĂ©s, et plusieurs qui Ă©taient destinĂ©s Ă  la vie Ă©ternelle, crurent en la parole de l'Esprit des vivants que Jean leur annonçait. Quelques romains lui demandaient Mais toi, qui es-tu pour nous parler de la sorte? Jean leur rĂ©pondit Je suis ce que je suis par Celui qui est JE SUIS. Comme le fer chauffĂ© au rouge dans la forge du divin Forgeron, il m'a mis sur son enclume et me frappa, et me frappa encore, puis me plongea de nouveau dans le feu de sa forge et m'en retira encore sur son enclume et me frappa, et me frappa encore, jusqu'Ă  ce que je prenne la forme pour laquelle il m'a dĂ©signĂ© une Ă©pĂ©e Ă  deux tranchants dont le manche est plongĂ© dans le sang du soleil, la lame dans le lait de la lune, et les tranchants dans le scintillement des Ă©toiles, une Ă©pĂ©e pour le Roi de gloire. Sa lame ruisselle du sang de ses ennemis auxquels elle a tranchĂ©e la tĂȘte pour exposer leurs duplicitĂ©s. Un de ses tranchants donne la mort Ă©ternelle et l'autre la vie Ă©ternelle. Mon nom est Ioannes Alaythia, l'Esprit des vivants fait GrĂące de sa VĂ©ritĂ©. Celui qui Ă©coute mes paroles connaĂźtra la vĂ©ritĂ©, et la vĂ©ritĂ© l'affranchira de son esclavage, la duplicitĂ© n'aura plus de pouvoir sur lui. Sur ces paroles, un des soldats romains se lança Ă  genoux devant Jean, baissa la tĂȘte et lui dit MaĂźtre, tu as les paroles de la vĂ©ritĂ©, tranches-moi la tĂȘte car je suis pĂ©cheur. Jean lui dit LĂšve-toi, je ne suis pas l'Esprit des vivants, mais celui qui admet ses pĂ©chĂ©s reçoit une nouvelle TĂȘte qui est Christ, le Chef de son Corps et l'autoritĂ© SuprĂȘme. Sur cela plusieurs romains furent offensĂ©s et dirent Nous avons une seule autoritĂ© Ă  savoir CĂ©sar et tu rĂ©pondras devant lui pour ton affront. Mais Jean rĂ©pondit CĂ©sar ne peut qu'affliger mon corps et le retenir sur des chaĂźnes, mais mon esprit est libre en JĂ©sus-Christ. Ils vinrent pour mettre les mains sur lui mais ils ne le purent, un ange du Seigneur apparut et la lumiĂšre de sa gloire les figeait tous dans un grand Ă©tonnement, car son temps n'Ă©tait pas encore arrivĂ©, il fallait qu'il proclame le message de la grĂące en JĂ©sus-Christ Ă  plusieurs autres. Les romains tombĂšrent dans une confusion totale, ne pouvant plus distinguer la rĂ©alitĂ© et partirent sans aucun souvenir de l'Ă©vĂšnement. Mais ceux qui crurent demeurĂšrent et reçurent la pleine rĂ©alisation de la Sainte PrĂ©sence de Christ en eux, leur perception fut celle de l'hĂ©ritage d'une gloire Ă©ternelle dans une existence sublime et incomparable. CHAPITRE 2 Alors, quelques temps aprĂšs, pendant que Luc s'occupait de la femme d'Alexandre le forgeron, Jean se rendit sur la place du marchĂ© publique, proclamant et enseignant le message de la grĂące en JĂ©sus-Christ. Une foule s'assembla autour de lui pour entendre ses paroles. Jamais ils n'avaient entendu quelqu'un parler avec une telle autoritĂ©. Ses paroles Ă©taient comme des fleuves d'eaux vivent, pleines de grĂące et de vĂ©ritĂ©, traçant des sillons dans les consciences et pĂ©nĂ©trant dans les cƓurs entĂ©nĂ©brĂ©s. Jean s'approcha d'un marchand de fruits, et aprĂšs quelques mots avec lui, monta dans le chariot du marchand pour s'adresser Ă  la foule. Prenant un fruit dans ses mains, il leur dit La vĂ©ritĂ© est le fruit de l'arbre plantĂ© dans la terre fertile de la grĂące en l'assurance inĂ©branlable du sacrifice de JĂ©sus-Christ sur la croix, que les Juifs ont fait mourir par la main des romains. Mais trois jours aprĂšs il ressuscita d'entre les morts et nous en sommes tĂ©moins, ayant partagĂ© le pain avec Lui lorsqu'il nous est apparu avec les marques de la croix en son corps. Ce que nous avons vu de nos yeux et touchĂ© de nos mains, nous vous l'annonçons. En lui vous recevez le pardon de vos pĂ©chĂ©s et la vie Ă©ternelle dans le royaume de sa gloire. Il est le Souverain SuprĂȘme sur toutes choses qui ont Ă©tĂ© créées par lui. Les dieux de vos mystĂšres ne peuvent que vous Ă©garer dans des voies pĂ©rilleuses pour la perte de vos Ăąmes. Nous vous prions, soyez rĂ©conciliĂ©s avec l'Esprit des vivants qui a versĂ© son sang sur la croix dans sa forme corporelle, Ă©tant nĂ© d'une vierge au temps dĂ©signĂ©. Alors il donna le fruit Ă  un jeune garçon qui le reçut avec joie en toute humilitĂ© et reconnaissance, leur disant Si vous ne recevez pas la vĂ©ritĂ© comme cet enfant, vous demeurerez dans les tĂ©nĂšbres de vos pĂ©chĂ©s. La femme d'un marchand de soi s'Ă©cria Donne-nous Ă  manger de ce fruit. Et la mĂšre de l'enfant se tenait prĂšs de Jean, lui dit MaĂźtre, permet nous de nous dĂ©saltĂ©rer de l'eau vive de tes paroles. Il leur parla donc des merveilles du trĂ©sor de la lumiĂšre de l'Esprit des vivants, le Souverain SuprĂȘme de l'existence. Ses paroles surgissaient de la conscience de la Sainte PrĂ©sence de Christ en lui pour la gloire de son nom, dans tous les temps et dans toutes les gĂ©nĂ©rations, pour servir de tĂ©moignage Ă  la vĂ©ritĂ©, et c'est lui-mĂȘme qui Ă©crivit qui vous parle dans les paroles que vous lisez Ă  cet instant. Depuis toute l'Ă©ternitĂ© fut l'amour; il Ă©tait avant le commencement, et resplendissait d'une lumiĂšre pure et sans tache. Et cette lumiĂšre vivante jaillit Ă  l'infini par un mouvement perpĂ©tuel d'extase en Ă©panouissement. Et ce mouvement est la vie manifestĂ©e par le Souffle de la Parole dans le cƓur de la source des lumiĂšres, en laquelle il n'y a aucune variation ni ombre de changement. Il fit scintiller sa lumiĂšre dans mille myriades de rayons glorieux. Et chaque rayon Ă©tait un messager de la lumiĂšre qui poussait un cri de joie, et qui chantait avec allĂ©gresse des louanges Ă  l'Esprit des vivants dans le Saint des saints du Sanctuaire cĂ©leste de l'existence divine. Et la Parole exprima par la lumiĂšre que tout fut; et tout Ă©tait, et tout avait le mouvement et l'ĂȘtre dans la lumiĂšre, pour la lumiĂšre, et par la lumiĂšre de la Parole de l'Esprit des vivants. Car l'unitĂ© de la lumiĂšre dans sa diversitĂ© d'expressions, produisit la matiĂšre, et la matiĂšre fut ainsi ordonnĂ©, Ă©quilibrĂ©, et mit en mouvement; formant les nĂ©buleuses d'Ă©toiles innombrables dont notre monde en est le centre et le soutient de ses pieds. Alors, un paysan de la rĂ©gion, disciple du dieu Apollon, intimidĂ© par les Juifs, s'approcha de Jean, lui versant d'une petite cruche une coupe d'eau fraĂźche qui contenait un poison mortel. Jean, ne soupçonnant rien lui Ă©tait reconnaissant, car il avait trĂšs chaud, prit la coupe et la bue en continuant d'enseigner la foule. Le paysan et les Juifs Ă©taient perplexes devant ce qui se produisit. Ils s'attendaient que Jean tombe mort, mais rien n'arrivait. Alors dans la crainte et la confusion, le paysan dit aux Juifs J'ai dĂ» me tromper et mettre le poison dans une autre petite cruche, car il y en avait plusieurs l'une Ă  cĂŽtĂ© de l'autre. Puis il se versa une coupe d'eau de la mĂȘme petite cruche qu'il versa Ă  Jean et mourra dans d'affreuses convulsions en leur prĂ©sence. Les assassins s'enfuirent donc de l'endroit avant que leur crime soit dĂ©couvert. CHAPITRE 3 Un messager fut envoyĂ© Ă  Jean pour lui dire que Luc le demandait avec urgence Ă  la maison d'Alexandre le forgeron. ArrivĂ© Ă  l'endroit Jean y vit plusieurs personnes qui criaient et se lamentaient. Luc vint vers lui et lui annonça que la femme d'Alexandre Ă©tait morte avec l'enfant en son sein. Alexandre Ă©tait devenu fou de rage, il Ă©tait impossible Ă  consoler. La perte de sa femme et de son enfant Ă©tait trop pour lui, impossible Ă  supporter. Il blasphĂ©mait contre l'Esprit des vivants et sa colĂšre se porta surtout vers Luc et Jean, s'imaginant qu'ils Ă©taient responsables pour cette triste situation. Il maltraita ses serviteurs Ă  coups de bĂąton, en blessant un sĂ©rieusement qu'on craignait pour sa vie. Sous la direction de la Sainte PrĂ©sence de Christ en eux, Luc et Jean dĂ©cidĂšrent donc de partir avant que les choses s'aggravent davantage. Ils reprirent la route en direction de l'Auberge du Vieux Moulin, mais un ange de l'Esprit des vivants les avertis dans un songe de ne pas y retourner. Ils firent donc un dĂ©tour passant par LaodicĂ©e pour se rendre Ă  Damas puis JĂ©rusalem. Traversant un petit village, ils s'arrĂȘtĂšrent pour se procurer des vives et se reposer. Dans une vision de la nuit, ils apprirent qu'Alexandre le forgeron s'Ă©tait donnĂ© la mission de persĂ©cuter les chrĂ©tiens et qu'il se rendait Ă  Rome pour fabriquer des armes pour l'armĂ©e romaine. Les forgerons Ă©taient en grande demande Ă  cette Ă©poque. Ils reprirent la route le lendemain matin et se hĂątĂšrent pour se rendre Ă  JĂ©rusalem pour avertir les frĂšres de cette nouvelle menace. Chemin faisant, ils rencontrĂšrent un vieillard avec son mulet qui prenait un repos. Il les invita Ă  briser le pain avec lui, ce qu'ils firent avec joie, ne sachant pas que c'Ă©tait le Seigneur. Il leur dit Vous portez un fardeau insupportable qui affectera la vie de plusieurs. Puis il leur parla du fardeau de la croix et du dessin arrĂȘtĂ© de l'Esprit des vivants pour la souffrance des Ă©lus dans les persĂ©cutions Ă  venir. Puis il leur dit Un homme nommĂ© Saul, que j'ai choisi, viendra et mettra plusieurs de vous en prison, et en fera pĂ©rir plusieurs autres. Mais son cƓur sera brisĂ© et il deviendra aveugle dans la lumiĂšre de la rĂ©vĂ©lation que JE SUIS. Lorsque ses yeux seront ouverts, il portera l'Évangile de la VĂ©ritĂ© en toutes les nations. On l'arrĂȘtera et on l'amĂšnera prisonnier Ă  Rome. Il sera exĂ©cutĂ© pour la gloire de mon nom et Alexandre le forgeron sera son bourreau. Ils furent fortement Ă©merveillĂ©s par les paroles du vieillard qu'ils prenaient pour un prophĂšte. Et levant les yeux au ciel pour rendre gloire Ă  l'Esprit des vivants, il disparut devant d'eux et ils ne purent le trouver, ni lui ni son mulet. Ils comprirent alors que c'Ă©tait le Seigneur et se rĂ©jouirent grandement. CHAPITRE 4 ArrivĂ© Ă  JĂ©rusalem, ils rencontrĂšrent les frĂšres et leur fit part de ce qu'ils avaient vu et entendu lors de leur voyage. Jacques et Pierre particuliĂšrement, considĂšrent la rĂ©alitĂ© des persĂ©cutions Ă  venir, et surtout du personnage mystĂ©rieux de Saul, qui en Grec est Paul. À ce temps Rome dominait sur la JudĂ©e et les soldats romains avaient tuĂ©s plusieurs Juifs lors d'une insurrection dirigĂ©e par les zĂ©lotes. Le Proconsul avait donnĂ© l'ordre de placer l'aigle romain sur le portique du temple, ce qui fut un blasphĂšme odieux pour les Juifs, car le temple Ă©tait un endroit sacrĂ© dĂ©diĂ© au Souverain SuprĂȘme. Ils ne comprirent pas qu'il y avait eu un changement de dispensation, l'Ancienne Alliance Ă©tant remplacĂ©e par la Nouvelle Alliance dans le sang de Christ, et que le temple de l'Esprit des vivants est le corps des Ă©lus en qui habite la Sainte PrĂ©sence de Christ. La destruction d'IsraĂ«lĂ©tait ainsi assurĂ©e comme l'avait prĂ©dit le Seigneur JĂ©sus. Quelques mois aprĂšs, un jour de Sabbat aprĂšs la lapidation d'Étienne, ils Ă©taient tous ensembles sous le portique du temple enseignant le peuple. Ils virent un homme se prĂ©senter devant le SanhĂ©drin pour recevoir l'autoritĂ© de se rendre Ă  Damas persĂ©cuter les disciples de JĂ©sus-Christ. Son nom Ă©tait Saul de Tarse, pharisien et citoyen romain de naissance. Alors le sceau fut mis Ă  la prophĂ©tie. Lors de la conversion de Saul, nommĂ© Paul, sur le chemin de Damas, et malgrĂ© sa vue affaiblie par la lumiĂšre de la rĂ©vĂ©lation, il reçut l'ordre du Seigneur JĂ©sus-Christ d'amener le message de la grĂące et de la vĂ©ritĂ© Ă  toutes les nations. Paul avait Ă©tĂ© aveuglĂ© pour un temps et ses yeux en subirent des consĂ©quences, mais il voyait clairement la lumiĂšre de la vĂ©ritĂ©, ayant mĂȘme Ă©tĂ© transportĂ© au troisiĂšme ciel dans une vision, oĂč il a vu et entendu des choses impossibles Ă  dĂ©crire avec des paroles humaines. Il nous en donne la connaissance graduellement afin que la lumiĂšre de la vĂ©ritĂ© ne cicatrise pas nos consciences par les merveilles de la gloire cĂ©leste. Les voyages de Paul le portĂšrent aux confins de l'empire romain La GrĂšce, Rome, l'Italie, la Gaule celtique, l'Espagne, la Grande Bretagne, et plusieurs autres endroits. Tous ne sont pas mentionnĂ©s, mais tous reçurent l'Évangile de la VĂ©ritĂ©. Avant de quitter ce monde, Paul avait dit Mon dĂ©part Ă©tait prĂ©vu, mais dans les temps Ă  venir un autre semblable Ă  moi me remplacera, sur lequel vous n'aurez aucune puissance. Il proclamera l'Évangile de la VĂ©ritĂ© au monde entier comme par le vol de l'aigle, puis aprĂšs viendra la fin. CHAPITRE 5 Or nous l'avons connu les merveilles de la lumiĂšre cĂ©leste par l'Esprit de grĂące et de vĂ©ritĂ© qu'il a mis en nous par le moyen de la foi qu'il nous a donnĂ©; et il a ouvert au milieu de nous sa connaissance dans le secret de sa sagesse, et la source de sa puissance. Nos yeux contemplĂšrent ses splendeurs, et nos cƓurs en furent illuminĂ©s. Ainsi, il nous donna l'intelligence pour raconter l'abondance de ses merveilles, pour qu'elles soient Ă©crites et transmises de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Ainsi prophĂ©tisa Énoch, le septiĂšme aprĂšs Adam "Je vous rĂ©vĂšle encore un autre mystĂšre Des livres de joie seront donnĂ©s aux justes et aux sages; et ils croiront en ces livres qui contiennent les rĂšgles de la sagesse". Énoch avait prĂ©vu la nĂ©cessitĂ© de ces choses, car le manque de connaissance engendre la destruction. Il faut donc recevoir et entendre la Parole de la vie, et garder la Parole de la persĂ©vĂ©rance. Ainsi la sagesse viendra dans nos cƓurs, et la connaissance fera les dĂ©lices de nos Ăąmes, car la rĂ©flexion veillera sur nous, et la prudence nous gardera. Alors nous serons des hommes nouveaux qui transmettront et qui enseigneront la vĂ©ritĂ© Ă  un monde aveugle; et nous serons les guides de l'Ăšre nouvelle du nouveau millĂ©naire, semant le blĂ© de la Parole avec conviction et avec humilitĂ© et avec joie. La tĂąche qui nous est assignĂ© est des plus importantes. Nous savons que notre cause est juste; allons d'avant sachant que nous avons un ministĂšre qui surpasse la lumiĂšre de la conscience. Mettons de cĂŽtĂ© les choses enfantines, et devenons des hommes Ă  la stature de Christ; car notre ministĂšre ne vient pas de la sagesse humaine, mais de la rĂ©vĂ©lation de l'Esprit des vivants, notre Souverain SuprĂȘme, notre Sauveur et notre Seigneur. L'aperçu de son message est l'Appel Ă  RenaĂźtre qui nous dirige pas Ă  pas du pĂ©chĂ© et du dĂ©sespoir, vers la plĂ©nitude de la prĂ©sence de Christ en nous, l'anticipation de la gloire. Cette assurance nous la possĂ©dons maintenant, et cette prĂ©sence nous fertilise afin que nous produisions le fruit d'un ministĂšre qui nous donne l'opportunitĂ© d'ĂȘtre une bĂ©nĂ©diction Ă  nos frĂšres, afin que notre existence ne soit pas en vain. Ceci est l'essence d'une nouvelle vie qui ne change pas selon les coutumes des hommes. Elle est divinement approuvĂ©e, car elle est le sceau de tous ceux qui sont appelĂ©s et dirigĂ©s de l'Esprit des vivants. Ainsi la victoire leur est assurĂ©, et le message de notre Roi, Emmanuel, sera dĂ©livrĂ©. Ne rĂ©sistons point Ă  cette grĂące par notre dĂ©sobĂ©issance, afin que celui qui a commencĂ© en nous cette bonne Ɠuvre la rendre parfaite, lorsque le Seigneur de gloire apparaĂźtra pour ĂȘtre glorifiĂ© en nous, et admirĂ© dans tous ceux qui auront cru; alors tout Ɠil le verra. C'est ainsi que s'accomplira la promesse de son avĂšnement. Or sur ces choses il fut Ă©crit anciennement dans l'antiquitĂ© Dans les derniers jours, la BĂȘte arrachera du milieu des douze la plante qu'ils auront Ă©levĂ©, et elle tombera entre ses mains. Et la plupart de ceux qui se seront rĂ©unis pour recevoir le BIEN-AIMÉ, se tourneront vers l'adversaire. Car au sujet du second avĂšnement de Christ, les disciples nĂ©gligeront la doctrine et altĂ©reront la foi. Et il y aura des disputes sur son premier et sur son dernier avĂšnement. Et il y aura des anciens qui seront iniques, et des pasteurs qui seront oppresseur de leurs propres troupeaux. Ils seront des rapaces qui nĂ©gligeront leurs devoirs les plus sacrĂ©s. Et beaucoup dans ces jours-lĂ  obtiendront par complots leurs charges, sans avoir la sagesse qui en rend digne. Ils seront des gardiens aveugles, sans intelligence. Ils seront tous des chiens muets, incapable d'aboyer. Ils seront des chiens voraces, insatiables. Ils seront des bergers qui ne savent rien comprendre. Tous suivront leur propre voie, chacun selon son intĂ©rĂȘt particulier, jusqu'au dernier. Ils jugeront pour des prĂ©sents, enseigneront pour un salaire, et prĂ©diront pour de l'argent. Et beaucoup Ă©changeront leurs nobles vĂȘtements de saints pour la robe de ceux qui ont des richesses. On fera acception des personnes, et l'on recherchera les hommes de ce monde. On vous dira Venez, je vais chercher du vin, et nous boirons des liqueurs fortes. Nous en ferons autant demain, et beaucoup plus encore. Et Il y aura des calomnies et des calomniateurs qui ne se rĂ©jouiront point de l'approche du Fils de l'Homme, et beaucoup seront privĂ©s des lumiĂšres de l'Esprit-Saint. Et il n'y aura dans ces jours, que peu de prĂ©dicateurs qui, en diffĂ©rents endroits, annonceront les grandes vĂ©ritĂ©s. Et cela Ă  cause de l'esprit d'ignominie et d'avarice qui inspirent ceux qui disent Devenez les esclaves de l'or et de ceux qui le possĂšdent. Et de grandes haines s'Ă©lĂšveront entre les pasteurs, des anciens et les disciples. Et la convoitise s'emparera de la plupart des cƓurs, et chacun ne parlera que des objets de son envie. On nĂ©gligera les oracles des saints prophĂštes, et ont se laissera aller aux bouillonnements de son cƓur. Telle est l'Ă©poque qui doit venir et qui maintenant est avec nous. Alors le moment vient et est dĂ©jĂ  Ă  la porte; la vengeance de l'Esprit des vivants, notre Souverain SuprĂȘme, est Ă  la main. Christ en nous, nous tĂ©moigne de cette vĂ©ritĂ©, sa colĂšre s'abattra sur la race humaine et aucun n'Ă©chappera. Le Fils de l'Homme apparaĂźtra de son trĂŽne royal dans le cƓur de ses Ă©lus, dans une flamme de feu; et il surgira de sa sainte habitation en eux, les transformant en sont image, et les unissant comme des pierres vivantes, en un Temple glorieux; rĂ©vĂ©lant au monde l'unitĂ© de son Corps; et toute Ɠil le verra. Car la lumiĂšre qui sortira de chacun d'eux sera si grande, que les cieux entiers ne pourront la contenir. Comme un feu vivifiant, elle inondera la terre et dissipera les tĂ©nĂšbres pour toujours. Et en un instant, dans un clin d'Ɠil, et la crĂ©ation entiĂšre sera changĂ©e. C'est ainsi que l'Époux aura reçu l'Épouse pour cĂ©lĂ©brer le banquet des noces de l'Agneau. Car ils entreront dans la chambre nuptiale pour l'Ă©panouissement Ă©ternel de la gloire divine, et l'exaltation suprĂȘme de l'unitĂ© cĂ©leste. Car il faut que la JĂ©rusalem terrestre du faux christianisme disparaisse pour qu'apparaisse la JĂ©rusalem cĂ©leste de la royautĂ© sublime, oĂč entrera seul ceux dont le nom est Ă©crit dans le Livre de vie de l'Agneau. Or nous savons que, lorsque cela sera manifestĂ©, nous serons semblables Ă  lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. Quiconque a cette espĂ©rance en lui ce purifie, comme lui-mĂȘme et pur. Puis l'Esprit dit Habitez en moi, dit le Seigneur, et j'habiterai en vous Ă  jamais; car JE SUIS, J'AIME et JE SAUVE tous ceux que j'ai choisi avant la fondation du monde selon le bon plaisir de ma volontĂ©. Grand est notre Seigneur et grande est sa puissance. RĂ©jouissez-vous et soyez dans l'allĂ©gresse, par la grĂące de notre Seigneur et notre Esprit des vivants et Souverain SuprĂȘme, JĂ©sus-Christ, Ă  qui convient toute gloire et toute louange, maintenant et dans tous les temps et Ă©ternellement. Moi, Ioannes Alaythia, je tĂ©moigne de ces choses par la grĂące qui m'est donnĂ©e en JĂ©sus-Christ. Shalom! Paix Ă  ceux qui lisent et Ă  ceux qui Ă©coutent, ainsi qu'Ă  leurs familles. Amen! Cours du 21 juin 02 Le savoir de l’auteur, c’est le savoir de la vĂ©ritĂ© La sĂ©ance d’aujourd’hui est la derniĂšre de l’annĂ©e ; je vais essayer de rĂ©pondre au moins implicitement aux questions qui sont restĂ©es en suspens, et de conclure avant que nous repartions Ă  la rentrĂ©e vers de nouvelles aventures. Il n’y a d’autoritĂ© qu’à ce que le savoir ne compte pas lĂ  oĂč on l’on a des raisons d’obtempĂ©rer ou d’apprĂ©cier, on ne reconnaĂźt personne mais uniquement lesdites raisons on reconnaĂźt un savoir qui est sujet Ă  la place du sujet. Autrement dit on reconnaĂźt le sujet d’un choix, alors que le sujet de l’autoritĂ© est toujours celui d’une dĂ©cision. Car elle est toujours autoritĂ© de celui qui compte, et il n’y a pas de diffĂ©rence entre reconnaĂźtre que quelqu’un compte et reconnaĂźtre qu’il s’est autorisĂ© de lui-mĂȘme, qu’il est sa propre autoritĂ© – celle-lĂ  mĂȘme qui dĂ©finit la dĂ©cision de n’avoir jamais lieu au prĂ©sent. La question de l’auteur est celle de cette impossibilitĂ© le vrai sujet ne peut pas ĂȘtre contemporain de son propre gĂ©nie et c’est de cela qu’il s’agit dans la notion du gĂ©nie, c’est-Ă -dire de l’éthique d’ĂȘtre soi. En quoi nous retrouvons la paradoxale antĂ©rioritĂ© vĂ©ritative de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme – et certes, il ne pouvait de toute façon pas s’agir d’autre chose pour finir notre annĂ©e. Or l’antĂ©rioritĂ© de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme ne peut par principe correspondre Ă  rien pour qu’il en soit ainsi non seulement il faudrait faire de la vĂ©ritĂ© une sorte de rĂ©alitĂ©, mais encore il faudrait que cette rĂ©alitĂ© fĂ»t prĂ©cĂ©dĂ©e d’une autre rĂ©alitĂ© plus originelle qui ne serait jamais , comme telle, qu’une stupiditĂ© placĂ©e avant les autres un fait, prĂ©cisĂ©ment. L’exclusivitĂ© s’entend d’abord comme celle du fait et du droit, et elle est constitutive de la notion de l’auteur puisque celui-ci, n’est pas celui qui s’exprime mais celui qui signe autrement dit n’est pas la cause du texte mais, prĂ©cisĂ©ment, son autoritĂ©. Ensuite l’exclusivitĂ© du droit Ă  son propre fait si c’est un fait qu’il y a le droit, ce fait ne fait pas droit donc il n’y a pas de droit autrement dit de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme on sait qu’ » il n’y a pas de vĂ©ritĂ© de la vĂ©ritĂ© , cette double exclusivitĂ©, dis-je, on la rĂ©flĂ©chira forcĂ©ment comme une aberration. D’oĂč ma derniĂšre thĂšse pour cette annĂ©e c’est l’aberration qui fait l’autoritĂ©, autrement dit l’exclusivitĂ© Ă  la mĂ©taphysique, si l’on nomme ainsi la raison comme discours. Partout oĂč la mĂ©taphysique est rĂ©cusĂ©e, autrement dit partout oĂč la rĂ©flexion a perdu son droit, il y a autoritĂ© et pour cette seule raison. En quoi je reviens paradoxalement Ă  ce que j’ai dit de la mĂ©taphore, qui n’est pas une maniĂšre de signifier mais une folie. Non pas que toute folie soit mĂ©taphore, mais en ceci qu’il nous est impossible de ne pas faire de la folie une mĂ©taphore. Et quand nous avons opĂ©rĂ© cette conversion, nous avons reconnu l’autoritĂ©. C’est pourquoi il est impossible de sĂ©parer l’autoritĂ© de sa reconnaissance une autoritĂ© que nul ne reconnaĂźt n’en est tout simplement pas une. MĂ©taphysique et autoritĂ© L’autoritĂ© est, entendue comme Ă©thique, l’antĂ©rioritĂ© mĂȘme de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme et c’est ce que signifie l’expression » s’autoriser de soi , puisqu’il est impossible d’en donner une comprĂ©hension mĂ©taphysique on s’autoriserait alors ou de son savoir, ou de sa place. La notion d’autoritĂ© s’entend en exclusivitĂ© Ă  la mĂ©taphysique, puisqu’elle s’entend en exclusivitĂ© Ă  la question des biens, comme on le voit non seulement dans le paradoxe des mauvais textes ce sont eux qui font l’auteur, puisque l’acceptation des bons va de soi, mais encore dans l’impossibilitĂ© qu’aucune dĂ©cision soit jamais justifiable. L’exclusivitĂ© de l’autoritĂ© et de la mĂ©taphysique entendue comme le discours du maĂźtre sera par consĂ©quent traduite par l’impossibilitĂ© que l’autoritĂ© concerne jamais le service des biens, dans lequel prĂ©cisĂ©ment le maĂźtre s’impose ce qui est une maniĂšre de dire que seul quelqu’un qui ne compte pas peut valoir comme maĂźtre. Or la mĂ©taphysique, c’est le discours de la raison celui de la lĂ©gitimitĂ© et de la reconnaissance rĂ©ciproque. Rien de moins lĂ©gitime que l’auteur, lui qui nous impose la vĂ©nĂ©ration de mauvais textes, et aussi rien de moins rĂ©ciproque le respect qu’il inspire est justement le sentiment que nous Ă©prouvons de ne pas compter, en face de lui. L’exclusivitĂ© de l’autoritĂ© et de la mĂ©taphysique impose d’admettre l’aberration originelle et ultime de toute autoritĂ© c’est le mĂȘme de fonder une autoritĂ© et de la supprimer comme autoritĂ©. On ne s’autorise donc jamais que de sa propre folie. ConcrĂštement, on n’est un auteur qu’à la condition de ne pas comprendre de ne pas pouvoir expliquer pourquoi on fait ceci plutĂŽt que cela, c’est-Ă -dire qu’à la condition de n’avoir jamais choisi ce que l’on fait. Et si l’acte de choisir consiste Ă  dĂ©missionner de soi au profit du savoir, on peut dire que toute dĂ©cision est folle non seulement au sens oĂč elle a forcĂ©ment lieu sans le savoir injustifiable et prise en nous bien avant qu’on puisse savoir qu’elle a Ă©tĂ© prise mais encore oĂč l’on agit sans jamais avoir choisi d’agir ni d’agir comme on agit, et enfin au sens oĂč l’on agit forcĂ©ment en exclusivitĂ© du service des biens, qui est l’ordre des choix. Rien lĂ  que de trĂšs banal l’idĂ©e d’une bonne ou d’une mauvaise dĂ©cision est une contradiction dans les termes, et c’est seulement par une opĂ©ration rĂ©flexive de conversion qu’on pourra traiter une dĂ©cision comme si elle avait Ă©tĂ© un choix. C’est ce qui rend compte du paradoxe des mauvais textes qui sont ceux oĂč l’auteur apparaĂźt bien comme tel on les dit mauvais comme si l’on pouvait choisir selon des critĂšres alors que toute cette problĂ©matique ne compte pas, et que c’est justement par cela que les textes en question font autoritĂ©. D’oĂč ce dernier paradoxe d’une part les auteurs produisent un savoir dont on ne peut rĂ©cuser la rĂ©alitĂ© Kant nous apprend ce qu’il en est de la morale, par exemple et d’autre part, ils ne le font qu’autorisĂ©s d’eux-mĂȘmes, dans la folie d’une position subjective qu’on a suffisamment dĂ©finie en disant que le savoir ne compte pas le penseur pense, justement il ne compile pas des lectures. L’unitĂ© du savoir et de la folie dĂ©finissent donc la production de l’auteur. Il n’y a d’autoritĂ© que folle et que violente, je le maintiens, mais de mĂȘme que toute dĂ©cision dĂ©cide forcĂ©ment de quelque chose par exemple d’une politique, de mĂȘme tout auteur dit forcĂ©ment quelque chose, ne serait-ce que son autoritĂ© par exemple une peinture qui ne reprĂ©sente rien et qui s’impose d’elle-mĂȘme prĂ©cisĂ©ment comme acte pur de peindre. Folie et savoir sont donc insĂ©parables quand on pose la question de l’autoritĂ©. Evidemment, toute la question est de savoir de quoi on parle aussi bien Ă  travers le premier terme que le second. Un savoir en exclusivitĂ© Ă  l’enseignement. Le savoir des auteurs ne s’enseigne pas, au sens classique du terme, parce qu’on n’enseigne seulement le savoir des autres. Je le dis plus simplement on n’enseigne jamais un savoir mais uniquement l’histoire d’un savoir – y compris bien sĂ»r l’histoire contemporaine de celui qui parle le professeur peut faire cours sur le dernier livre d’un penseur dont il est par ailleurs le contemporain. L’exclusivitĂ© du savoir et de l’enseignement n’est un paradoxe qu’en apparence. Car si le » bon sens » pose qu’on ne peut rien enseigner quand on ne sait pas, il le fait Ă  l’encontre de toute l’histoire de la pensĂ©e qui Ă©tait Ă  chaque fois l’enseignement de gens qui ne savaient pas, puisqu’ils parlaient ou Ă©crivaient et ne rĂ©pĂ©taient pas. Ce n’est en effet pas du tout le mĂȘme d’ĂȘtre un enseignant et d’avoir un enseignement Socrate ou Lacan avaient un enseignement, mais ils n’était certes pas des enseignants. Inversement, on n’est un enseignement qu’à n’avoir soi-mĂȘme strictement rien Ă  enseigner. On ne peut donc pas ĂȘtre surpris de l’opposition que je prĂ©sente en disant qu’il appartient Ă  tout auteur de faire autoritĂ© c’est-Ă -dire d’avoir un enseignement. En quoi je n’en fais pas une sorte de professeur mais Ă  chaque fois le sujet paradoxal d’un savoir. Ce savoir, nous l’avons dĂ©jĂ  pensĂ© Ă  travers la question des » natures , dont le principe est qu’elles procĂšdent du nom propre, lequel ne veut rien dire – n’est la position d’aucun savoir. le savoir de l’auteur est un savoir de pure nomination et en ce sens il ne dit absolument rien. Que la morale soit finalement de » nature » kantienne, ainsi que chacun l’admet dĂšs qu’il fait l’effort de ne plus confondre la morale et l’éthique, mais d’autre part c’est une vĂ©ritĂ© qui ne veut rien dire. La derniĂšre vĂ©ritĂ©, ce qu’il fallait finalement savoir, c’était le nom propre qui constitue le savoir prĂ©cisĂ©ment comme vĂ©ritĂ© et pas simplement comme savoir. VoilĂ  l’autoritĂ© que le savoir s’entende selon le nom propre qui, comme tel, exclut le savoir. La violence et la folie dont je parlais pour opposer l’autoritĂ© Ă  la mĂ©taphysique, on les trouve donc dans ce paradoxe du savoir qui en soit vraiment un autrement dit qui ne soit pas le savoir d’un maĂźtre – mais tout au contraire d’un auteur, de quelqu’un qui est sa propre Ă©trangetĂ© et n’existe que dans la surprise d’ĂȘtre soi alors que, comme on sait, le maĂźtre est d’abord celui qui se maĂźtrise lui-mĂȘme La question de l’autoritĂ© est donc aussi bien celle d’un savoir qui est un savoir sans savoir et que pour cette raison j’appellerai le vrai savoir. On peut dire aussi le » gai » savoir. Le vrai savoir est le savoir dispensĂ© par l’auteur, par opposition au savoir rĂ©el dispensĂ© par l’enseignant, toujours asservi au domaine des biens. Avoir un enseignement et profĂ©rer le vrai savoir, c’est par consĂ©quent la mĂȘme chose. Tout le contraire du fait d’ĂȘtre un enseignant qui, lui, entend bien nous faire admettre comme rĂ©el cela dont il a le savoir. Le vrai savoir ne dit rien, ne sait rien, ne fait rien savoir, bien qu’il soit indubitablement un savoir. C’est ce paradoxe qui a pu faire confondre l’auteur qui est toujours un gĂ©nie terme qui renvoie non pas Ă  quelque » don » irresponsable mais Ă  la seule Ă©thique d’ĂȘtre soi avec le maĂźtre qui est toujours un mĂ©diocre, puisque c’est de sa place qu’il s’autorise pour parler ou pour agir. Le vrai savoir est le savoir ultime, celui des » natures » et c’est de lui qu’il s’agit quand nous rĂ©flĂ©chissons notre lecture d’un auteur. C’est le savoir de la reconnaissance personnelle dans une aberration qui se trouve prĂ©cisĂ©ment constituĂ©e par le savoir comme rĂ©ponse Ă  la question qui. Car c’est bien du seul nom propre que s’entend ce savoir – nom qui a, justement de ne rien vouloir dire, la capacitĂ© de rĂ©pondre Ă  la question de savoir qui l’on est. Tout savoir – sauf justement le savoir de l’auteur – rĂ©pond Ă  la question quoi. Par exemple exposer les variations du cours du blĂ© dans la seconde partie du dix-huitiĂšme siĂšcle, c’est pour celui qui le fait rĂ©pondre Ă  la question de ce qu’il est un historien. Que Kant nous parle de la morale rĂ©pondrait pareillement Ă  la question quoi c’est un philosophe. Mais, au-delĂ  de ce que n’importe quel professeur peut nous en dire, il n’a, lui et en vĂ©ritĂ© et non plus en rĂ©alitĂ©, qu’une seule chose Ă  nous dire de la morale prĂ©cisĂ©ment qu’il ne peut pas nous en dire la vĂ©ritĂ© et que par lĂ  mĂȘme il est en train de nous la dire. Bref, la distinction du savoir rĂ©el et du savoir vrai est celle de l’impossibilitĂ© subjective dont la notion de » nature » est le pendant en quelque sorte objectif. L’impossibilitĂ© dans laquelle il se trouve de dire ce qu’il doit finalement ou originellement dire, nous savons que c’est le statut de l’auteur. De sorte que le savoir dont, comme auteur et non pas comme enseignant, il est la garantie, c’est un savoir non pas sur mais de l’impossibilitĂ© d’ĂȘtre soi. Or soi, dans cet exemple, cela signifie simplement ĂȘtre Kant. Il Ă©tait Kant justement de ne pas pouvoir l’ĂȘtre contrairement Ă  un fou qui se serait pris pour Kant et c’est par cette impossibilitĂ© sur laquelle il n’a pas cĂ©dĂ© que dĂšs lors il est un auteur. L’impossibilitĂ© d’ĂȘtre Kant Ă©tait sa pensĂ©e mĂȘme. Etre sa propre impossibilitĂ© s’appelle tout simplement la pensĂ©e, dont le corrĂ©lat est le vrai il peut bien nous dire ce que la morale est rĂ©ellement et cela est trĂšs important ; mais ce n’est pas cela qui compte, Ă  propos de la morale nous voulons savoir ce qu’elle est vraiment. Et nous le savons, dĂ©sormais elle est kantienne. Que par exemple un anthropologue montre la nĂ©cessitĂ© structurale de chacun des moments dont le philosophe aura montrĂ© la rĂ©alitĂ©, et nous saurons bien que ce n’est pas vraiment de la morale qu’il parlera, bien qu’en rĂ©alitĂ© il ne parlera pas d’autre chose Pas de vĂ©ritĂ© dans l’énoncĂ©, puisque la vĂ©ritĂ© s’entend Ă  l’encontre de la rĂ©alitĂ© sans qu’il y ait pour autant rien Ă  en ajouter ou Ă  en retirer – de sorte que seul le nom impossible peut nous faire reconnaĂźtre pour vrai un Ă©noncĂ© dont par ailleurs lĂ  oĂč ça ne compte pas un anthropologue peut nous montrer qu’il correspond Ă  la rĂ©alitĂ©. Pas de vĂ©ritĂ© non plus au niveau de l’énonciation l’anthropologue en question parlera depuis son savoir, c’est-Ă -dire installĂ© dans la possibilitĂ© que lui confĂšre celui-ci d’ĂȘtre un locuteur autorisĂ©. Lui ou personne, c’est donc pareil, sauf qu’il faut bien un vĂ©hicule, un truchement pour actualiser le savoir qui ne parle pas tout seul. L’anthropologue est un enseignant mais Kant a un enseignement, pour reprendre la distinction dont je suis parti. L’exclusivitĂ© de la vĂ©ritĂ© et de l’exactitude dont nous avions parlĂ© il y a quelques semaines permet de penser le savoir de l’auteur, dans son opposition Ă  tout autre savoir qu’on imaginerait pouvoir lui substituer il faut que la rĂ©alitĂ© ne compte pas – ce qui implique Ă©videmment qu’elle importe, tout savoir Ă©tant savoir de quelque chose. Ce que nous dit Kant de la morale importe au plus haut point, nous le savons tous, mais ce n’est pas ce qui compte pour que nous ayons le devoir de le lire ; car l’importance de son savoir ne concerne que nous, notre curiositĂ© que nous avons Ă  satisfaire ou la besogne professorale que nous devons assurer. Kant ne compte pas, dans ces misĂšres. Et s’il ne compte pas, on ne voit pas en quoi on pourrait le considĂ©rer comme un auteur, comme faisant autoritĂ©. Eh bien c’est justement de le savoir que nous nous reconnaissons obligĂ©s Ă  le lire, d’un savoir qui n’est donc pas le service de nos biens mais au contraire la reconnaissance d’une vĂ©ritĂ© dont ce service lui-mĂȘme aura ensuite Ă  relever les importances irrĂ©cusables sont forcĂ©ment ordonnĂ©es Ă  ce qui compte et devant quoi nous, nous ne comptons pas. Alors que c’est l’étudiant qui compte dans le savoir du professeur ni les ouvrages qu’il a lus, ni lui-mĂȘme comme somme subjective de ses lectures ou le lecteur dans celui de l’essayiste, nous savons, nous, quenous ne comptons pas quand nous lisons un auteur. Si aucun Ă©tudiant ne profite du cours d’un professeur, si satisfait que celui-ci ait pu ĂȘtre en le prĂ©parant, eh bien le cours est mauvais. Mais qu’on ne soit pas marquĂ© par un auteur, cela ne concerne que nous, que notre mĂ©diocritĂ©. Ainsi apercevons-nous clairement en quel sens il faut opposer le savoir Ă  l’enseignement, du moins dans son sens habituel qui consiste Ă  faire de l’enseignĂ© l’instance dĂ©cisive de ce qui aura Ă©tĂ© dit et par consĂ©quent aussi du sujet qui l’aura dit. Ce qu’il faut retenir en somme de cette idĂ©e d’un savoir propre Ă  l’auteur, c’est son vide absolu le savoir des » natures , lesquelles sont des identifications ontologiques par un nom qui a pour dĂ©finition de n’apporter aucun savoir. Un savoir qui n’enseigne rien mais qui est vrai. Tel est le savoir de l’auteur. L’auteur n’a jamais rien Ă  dire, sinon justement ce qui ne peut pas ĂȘtre dit par lui mais par n’importe qui d’autre. L’unicitĂ© de l’auteur est par consĂ©quent toute nĂ©gative on l’imagine dotĂ© d’une capacitĂ© extraordinaire alors que c’est exactement le contraire qui est vrai il est le seul Ă  ne pas pouvoir dire une certaine chose et par lĂ  mĂȘme, pour nous tous qui le lisons et qui ne comptons pas devant lui, il est l’unique. Le paradoxe extrĂȘme d’une constitution par la vĂ©ritĂ© L’unique, c’est celui qui n’a pas de semblable celui dont la semblance n’est pas l’ordre naturel. Il est bien un semblable un humain, pĂšre de famille, automobiliste, contribuable et tout ce qu’on voudra d’autre, mais ça ne compte pas, de sorte que c’est aussi bien relativement Ă  lui-mĂȘme, en exclusivitĂ© de soi, qu’il est l’unique. Un sujet semblable et donc comprĂ©hensible – et par ailleurs un vrai sujet, Ă©tranger Ă  nous autant qu’il l’est Ă  lui-mĂȘme. Devant lui nous ne comptons mais, mais lui non plus. Ne pas compter quand il s’agit vraiment de soi, tel est le paradoxe subjectif de l’autoritĂ© par exemple, il n’y avait pas de Charles en De Gaulle – d’aprĂšs Malraux. On pourrait parler de sacrifice de la vie Ă  la vĂ©ritĂ©, ou encore de l’installation d’une diffĂ©rence entre le sujet pur et le sujet empirique, mais il ne s’agit pas de cela seulement de l’impossibilitĂ©, telle qu’on l’exprime en termes positifs quand nous disons qu’il appartient Ă  la vĂ©ritĂ© de ne l’ĂȘtre qu’en vĂ©ritĂ©, c’est-Ă -dire qu’en impossible antĂ©rioritĂ© Ă  elle-mĂȘme. Depuis toujours un mot manquait pour que la signification soit totale ou, si l’on prĂ©fĂšre user d’un langage lacanien, pour que l’Autre assure le sens. L’auteur est celui qui s’est installĂ© dans ce manque, et qui ne se paiera pas de mots notamment quand le nom qui est commun Ă  toute sa famille aura la prĂ©tention d’y rĂ©pondre. La propriĂ©tĂ© du nom est l’impossibilitĂ© de la rĂ©ponse qui assurerait la signification ou, dirais-je plutĂŽt, qui rĂ©pondrait enfin Ă  la question de savoir qui l’on est parce que la rĂ©ponse qu’elle donnerait, d’ĂȘtre commune, dirait seulement ce que l’on est ou la place qu’on occupe. J’insiste sur le paradoxe de cette question, celle qui renvoie au savoir dont je viens de parler et qui est en propre le savoir de l’auteur – celui de son enseignement parce qu’il ne peut pas ĂȘtre celui dont il serait l’enseignant. L’unique ne peut pas relever, quant au savoir dont sa question est l’exigence, d’une rĂ©ponse commune bien que par ailleurs il appartienne Ă  toute rĂ©ponse d’ĂȘtre commune. Parler d’un savoir rĂ©pondant Ă  la question qui paraĂźt bien une contradiction dans les termes, puisqu’il n’y a de savoir que de quelque chose et non pas de quelqu’un, par exemple un sujet. Le nom propre et sa vacuitĂ© lĂšvent la difficultĂ©. D’un autre cĂŽtĂ©, la question de savoir qui l’on est insiste toujours, et par consĂ©quent aussi l’éventualitĂ© du savoir dont elle est par dĂ©finition l’exigence. Ce paradoxe ouvre alors sur cette solution inouĂŻe dont je parle celle d’un savoir qui, comme savoir de quelque chose, ne compte pas et qui, comme savoir de quelqu’un, ne soit savoir de rien. C’est ce paradoxe que j’indiquais dĂ©jĂ  en disant que l’auteur pouvait bien ĂȘtre sujet comme tout le monde mais que par lĂ  mĂȘme sa rĂ©alitĂ© de sujet ne comptait pas Ă  l’unique il n’appartient pas d’ĂȘtre rĂ©ellementsujet, mais de l’ĂȘtre vraiment. D’oĂč cette nĂ©cessitĂ© que le savoir le concernant soit savoir de la diffĂ©rence vĂ©ritative. Dans le savoir de l’auteur, il est forcĂ©ment question de l’impossibilitĂ© de jamais rĂ©duire la vĂ©ritĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© et c’est de cette impossibilitĂ© qu’il s’agit expressĂ©ment quand on parle d’autoritĂ©. Le savoir donc je viens de parler et qui n’est littĂ©ralement savoir de rien parce que les natures effectuent le nom propre dont la dĂ©finition est justement d’exclure toute signification, est-ce qu’il n’est pas par lĂ  mĂȘmežc’est-Ă -dire dans son paradoxe de ne pas ĂȘtre savoir de quelque chose, le savoir de la vĂ©ritĂ© ? Et cela, je le rapporte Ă  ce que nous savons depuis longtemps que la diffĂ©rence entre quelque chose notamment un sujet et quelqu’un, c’est la vĂ©ritĂ© ! La vĂ©ritĂ© qui n’est la vĂ©ritĂ© qu’en vĂ©ritĂ©, dont il n’y a pas de vĂ©ritĂ©. Bref, l’impossibilitĂ© de la vĂ©ritĂ© cause la vĂ©ritĂ© prĂ©cisĂ©ment comme telle c’est-Ă -dire comme autorisĂ©e – dĂšs lors d’un nom propre, d’un nom qui ne peut en aucune maniĂšre constituer une raison sur laquelle la vĂ©ritĂ© pourrait tabler d’une maniĂšre mĂ©taphysique pour ĂȘtre rĂ©ellement la vĂ©ritĂ©. Car il n’y a de vĂ©ritĂ© que vraiment – ce qui revient aussi bien Ă  dire qu’il n’y en a en fait pas du tout, ainsi qu’en tĂ©moigne le scandale mĂ©taphysique des mauvais textes l’autoritĂ© n’est pas une sorte de force. Cela dit la nĂ©cessitĂ© pour la vraie parole de ne pas ĂȘtre sans objet de mĂȘme qu’il faut distinguer entre ignorer et n’ĂȘtre pas sans savoir, il faut distinguer entre avoir un objet et n’ĂȘtre pas sans objet impose qu’on reconnaisse Ă  celui-ci une constitution dont le paradoxe est qu’elle soit constitution par la vĂ©ritĂ© alors que la notion de constitution est habituellement rĂ©servĂ©e Ă  la dĂ©possession subjective. Cette constitution est paradoxale Ă  l’extrĂȘme, puisque les notions de constitution et de vĂ©ritĂ© se dĂ©finissent quasiment d’ĂȘtre en exclusivitĂ© l’une de l’autre l’objet oĂč mon savoir se rĂ©alise littĂ©ralement n’est pas la » chose en soi » de sorte que sa rĂ©alitĂ© n’est finalement rien d’autre, comme on le voit dans l’idĂ©alisme rĂ©flexif dont nous sommes tous structurellement partisans puisqu’il est la rĂ©flexivitĂ© mĂȘme, que la rĂ©alisation du sujet dĂ©fini par le savoir. Ce sujet, moi je dis que c’est le sujet de la trahison c’est le sujet du choix dont le savoir est le vĂ©ritable sujet, Ă  la place de celui qui s’imagine poser un acte. Le sujet de la dĂ©cision, tout au contraire, ne s’entend qu’à ce que le savoir ne compte pas l’impĂ©ratif » dĂ©cidez-vous ! » signifie concrĂštement » laissez en arriĂšre le savoir et prenez enfin vos responsabilitĂ©s ! . Bref, on peut dire que c’est le mĂ©diocre celui que n’importe qui aurait Ă©tĂ© Ă  la mĂȘme place ou encore l’ » en tant que . L’ordre du transcendantal est celui de cette mĂ©diocritĂ© dont l’aspect en quelque sorte objectif a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par nous quand nous nous sommes aperçus que la morale, qui en est l’effectuation impossible de n’ĂȘtre pas kantien sur ce point pouvait se ramener Ă  cette idĂ©e que l’autre humain, animal, rĂ©el ne comptait pas puisqu’en l’autre homme, c’est l’humanitĂ© qui compte et donc pas lui, dans l’aberration originelle de son irrĂ©ductible altĂ©ritĂ© Ă  l’humain. Nous savons aussi que cette » mĂ©diocritĂ© » c’est mon terme est intenable, et j’interprĂšte la troisiĂšme critique de Kant Ă  partir de ce caractĂšre. Mais peu importe ici retenons simplement que » constituer , au sens transcendantal, signifie dĂ©possĂ©der du statut de sujet et par consĂ©quent exclure toute Ă©ventualitĂ© d’avoir jamais affaire au vrai – puisqu’il n’y a rien d’autre Ă  en dire que ceci il est le sujet de la vĂ©ritĂ©. Quand donc on parle d’une constitution par la vĂ©ritĂ©, il semble qu’on pose tout simplement une contradiction dans les termes. Sauf, peut-ĂȘtre, Ă  l’issue d’une rĂ©flexion assez longue sur cette notion de vĂ©ritĂ©, dont nous avons reconnu qu’elle renvoyait toujours Ă  l’autoritĂ© – si l’on nomme vrai cela qui est autorisĂ© Ă  ĂȘtre lui-mĂȘme le sujet de la vĂ©ritĂ© ce que j’appelle l’antĂ©rioritĂ© vĂ©ritative de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme. Eh bien cette constitution par la vĂ©ritĂ©, c’est tout simplement le savoir de l’auteur celui d’un sujet parlant qui a un enseignement dont seul le nom de celui qui parle est la garantie. Bref, on a compris que le vrai savoir, c’est le savoir des » natures » dans l’impossibilitĂ© qu’il soit jamais admis comme tel par celui qui le pose. Kant, lui, peut seulementparler de la morale dans l’impossibilitĂ© originelle d’en dire Ă  la fois le dernier mot et la vĂ©ritĂ© – Ă  savoir prĂ©cisĂ©ment qu’elle est kantienne. Et c’est de cette impossibilitĂ© du dernier mot que sa parole est vraie. Eh bien cette parole vraie, quand elle porte sur la morale, elle la dit en vĂ©ritĂ© ! Le savoir que Kant nous dispense sur la morale est un vrai savoir et concerne vraiment la morale – alors que le savoir anonyme d’un professeur n’est qu’un savoir rĂ©el qui ne concerne rien de vrai, toujours dĂ©jĂ  supplantĂ© qu’il est par le nouveau savoir dĂ©jĂ  en train de s’élaborer par ailleurs. Le savoir de l’auteur qui tient au dernier mot alors que le savoir habituel s’entend d’exclure le dernier mot lequel fait toute la diffĂ©rence entre savoir qui est possible et tout savoir qui est impossible est pour cette raison constituant d’un objet dĂšs lors lui-mĂȘme vrai. Vrai, cela signifie sujet de sa propre vĂ©ritĂ© et non pas constituĂ©. Bref, pour penser le savoir de l’auteur il suffit de dire, par exemple, que Kant a autorisĂ© la morale Ă  ĂȘtre enfin sujet de sa vĂ©ritĂ©. La morale antique de recherche du bien n’est pas la vraie morale, celle qu’on appelle kantienne, oui. VoilĂ , c’est trĂšs simplement qu’on rĂ©sout le paradoxe de la constitution de l’objet par la vĂ©ritĂ© en posant l’antĂ©rioritĂ© de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme sous le nom d’autorisation. Et celui qui autorise, forcĂ©ment, c’est l’auteur. Ce que nous devons aux auteurs MĂ©taphysiquement , on peut s’interroger qu’avons-nous besoin des auteurs ? En fait, c’est-Ă -dire touchant la rĂ©alitĂ© des choses et les raisons d’admettre les discours, nous n’en avons aucun besoin ! Les » derniers hommes » le savent, qui ne respectent rien et plaignent la rĂ©vĂ©rence dont on faisait preuve, dans le passĂ© eux, au moins, ils ne sont plus dupes de rien ils ne cessent de » cligner de l’Ɠil ; je dirai qu’ils ne le sont notamment pas d’un nom qui, par sa seule invocation, imposait la conservation de mauvais textes ! Aux Ă©poques d’ignorance lointaine, on rĂ©vĂ©rait, on craignait, on respectait. Et Ă  quoi tout cela correspond-il ? A rien, c’est Ă©vident. Ils en ont pris conscience et se sont ainsi libĂ©rĂ©s, dĂ©sormais disponibles pour une vie qui ne soit plus que le service des biens parce qu’en effet il n’y a rien d’autre qui puisse importer. En quoi ils sont bien les derniers hommes, si l’homme est l’animal mĂ©taphysique la mĂ©taphysique enfin rĂ©elle, c’est tout bonnement la vie qui est Ă  elle-mĂȘme sa propre norme et sa propre nĂ©cessitĂ©. Ils ont donc bien » inventĂ© le bonheur . L’époque des derniers hommes, celle du tourisme gĂ©nĂ©ralisĂ©, celle de la santĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e et du corps toujours » performant , celle de la » guerre zĂ©ro mort » y compris chez l’ennemi auquel on dĂ©pĂȘche des Ă©quipes humanitaires on pourrait trouver une multitude d’autres exemples – dont nul n’a le droit de dire qu’ils sont malheureux, c’est l’époque oĂč la notion mĂȘme d’auteur d’autoritĂ© n’a plus de sens, et oĂč l’on considĂšre avec une commisĂ©ration amusĂ©e les gens des Ă©poques antĂ©rieures qui n’étaient pas des Ă©poques d’égalitĂ© entre les hommes et de disponibilitĂ© gĂ©nĂ©rale de toutes les choses c’est d’une notion, celle d’autoritĂ©, qu’ils Ă©taient dupes ! D’un simple mot, en somme. Si l’unitĂ© que la vie est finalement avec elle-mĂȘme est le critĂšre rĂ©el la vie se doit de n’ĂȘtre pas souffrance, de n’ĂȘtre pas douleur, d’éradiquer jusqu’à l’idĂ©e de la mort, autrement dit si l’on est enfin parvenu Ă  une notion immanente de l’accomplissement, alors il est Ă©vident qu’il ne peut plus y avoir d’auteurs. Et de fait, l’ñge de l’égalitĂ© dĂ©mocratique et de l’universelle dignitĂ© des expressions impose qu’on ne fasse pas de hiĂ©rarchie, et que les bavardages journalistiques, les graffitis muraux ou les vers de Racine soient mis sur le mĂȘme plan chacune dans son ordre, ces expressions sont authentiques et par lĂ  mĂȘme Ă©galement dignes de considĂ©ration. L’idĂ©e d’auteur est celle d’une imposture – thĂšse qui suffirait peut-ĂȘtre Ă  cerner la notion nietzschĂ©enne des derniers hommes. En quoi j’ai peut-ĂȘtre rĂ©pondu Ă  la question de savoir ce que nous devons aux auteurs ils nous donnent l’absolue irrĂ©ductibilitĂ© de la vĂ©ritĂ© Ă  l’authenticitĂ©. IrrĂ©ductibilitĂ© qui rendraient les derniers hommes fous de rage si elle ne leur inspirait, par commisĂ©ration envers nous, le dĂ©sir humanitaire de nous guĂ©rir. Ma vĂ©ritĂ© n’est pas mon authenticitĂ© et ce n’est pas Ă  m’exprimer sincĂšrement ni Ă  me tenir au plus prĂšs de mes » racines » que j’aurai la plus petite chance d’ĂȘtre moins mĂ©diocre que moi-mĂȘme. Bien au contraire, puisqu’en dĂ©cidant ainsi d’ĂȘtre ma propre familiaritĂ© mes sentiments » profonds , mon histoire nationale, rĂ©gionale, familiale, etc. je m’interdirai expressĂ©ment de me chercher dans ma propre Ă©trangetĂ©, c’est-Ă -dire lĂ  oĂč il est pour toujours impossible que je me comprenne
 Et pourtant je sais bien que les seuls moments qui ont comptĂ© dans ma vie, ceux qui font qu’elle est vraiment la mienne, se sont en quelque sorte passĂ©s sans moi. Or comment reconnaĂźtrais-je pour moi-mĂȘme une vĂ©ritĂ© de cet ordre, si l’étrangetĂ© ne m’avait pas Ă©tĂ© donnĂ©e sous la forme de l’impossibilitĂ© de la semblance ? Je le dis plus concrĂštement il ne peut pas y avoir de promesse ou de pardon venant d’un autre qui soit mon semblable, parce que je sais bien, moi qui suis le semblable de tous mes semblables, qu’il m’est aussi impossible qu’à eux de promettre que de pardonner ! Je peux juste m’engager et passer l’éponge, comme on dit familiĂšrement. Qu’en serait-il en effet dans l’un et l’autre cas, sinon de la mĂȘme absurditĂ© que la rĂ©alitĂ© ne compte pas ! Il n’y a de promesse, je l’ai souvent dit, que dans le rejet des raisons de ne pas tenir parole qui tissent la rĂ©alitĂ© et, Ă©minemment, que dans le rejet de la meilleure de raisons qu’on soit mort le moment venu. Celui qui aime, si l’on m’accorde qu’aimer c’est promettre d’aimer, aimera encore quand il sera mort. Les situations changent, les sentiments changent, mais la parole donnĂ©e a Ă©tĂ© donnĂ©e et cela, on ne peut pas le changer. Les derniers hommes s’esclaffent fou qui s’en tient Ă  cette nĂ©cessitĂ© ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’aimer encore une fois qu’on est mort, si c’est bien de la mort qu’on parle et non pas d’une quelconque Ă©ternitĂ© ou immortalitĂ© religieusement consolatrice ? On voit bien que si une personne peut promettre, par opposition Ă  s’engager oĂč c’est toujours la rĂ©alitĂ© qui dĂ©cide je m’engage Ă  faire telle action demain, sauf Ă©videmment si la rĂ©alitĂ© me met dans l’incapacitĂ© de faire ce que j’ai dit, c’est qu’elle a quelque jour rencontrĂ© quelqu’un pour qui la rĂ©alitĂ©, pour importante qu’elle soit, ne comptait pas. Et comment dĂ©signer cette position, sinon en mentionnant une autoritĂ© ? Il a bien fallu que quelqu’un s’autorise de lui-mĂȘme et non pas des possibilitĂ©s que la rĂ©alitĂ© continuait ou non de lui offrir, et qu’il opĂšre ainsi une rupture littĂ©ralement dĂ©cisive entre la rĂ©alitĂ© de ce qui importe et la vĂ©ritĂ© de ce qui compte. Une sociĂ©tĂ© sans autoritĂ©, c’est-Ă -dire dĂ©mocratique au sens nietzschĂ©en du terme l’indĂ©finie multiplicitĂ© des n’importe qui, c’est une sociĂ©tĂ© oĂč les idĂ©es de promesse ou de pardon sont simplement grotesques on ne promet pas mais on s’engage dans des Ă©changes, on ne pardonne pas le mal qui a Ă©tĂ© fait, on le » thĂ©rapeute » je reprends l’expression Ă  Lacan, pour qui » l’inconscient ne se thĂ©rapeute pas . Aux auteurs, c’est donc indistinctement la vĂ©ritĂ© contre la rĂ©alitĂ© que nous devons, et le mal contre le malheur Ă  commencer bien sĂ»r par celui d’ĂȘtre mĂ©chant, qui relĂšve comme chacun sait depuis Rousseau – par lĂ  prĂ©curseur des » derniers hommes » – d’une causalitĂ© politique et qui se thĂ©rapeute dans une multitude de dispositifs sociaux et mĂ©dicaux. On peut reconnaĂźtre des auteurs dans tous les domaines oĂč une chose soit expressĂ©ment l’acte d’un sujet dont l’impossibilitĂ© Ă  soi implique, pour cette chose, qu’elle n’ait pas pour vĂ©ritĂ© d’en ĂȘtre l’expression mais – Ă  nommer ainsi l’extĂ©rioritĂ© Ă  tout savoir – d’exister. Bref, avec le mal et la vĂ©ritĂ©, c’est l’existence que nous devons aux auteurs. Non pas que les choses n’existent pas sans eux, mais leur existence importe et ne compte pas. Si je veux dessiner, il est par exemple certain que le papier et le crayon doivent exister ! ou plus exactement il faut bien qu’ils existent ce qui, comme on sait, devient de moins en moins nĂ©cessaire. L’existence ne compte pas mais elle importe parce qu’elle est une condition et, si l’on veut entendre la question d’une maniĂšre mĂ©taphysique, la premiĂšre des conditions avant tout, il faut bien que quelque chose existe en gĂ©nĂ©ral. Or ce n’est pas Ă  titre de condition que nous reconnaissons l’existence de la Joconde, par exemple la reconnaĂźtre comme Ɠuvre, c’est prĂ©cisĂ©ment ne pas admettre son existence comme une condition Ă  la fois mĂ©taphysique et triviale pour que nous puissions profiter d’une belle image et d’un document historique intĂ©ressant. Non, dans la Joconde, au-delĂ  de tout le savoir qu’on peut produire sur elle, ce qui compte c’est qu’elle existe ! VoilĂ  ce que LĂ©onard nous a donnĂ©, et il l’a fait trĂšs concrĂštement, en ce sens que ce n’est pas de l’existence en gĂ©nĂ©ral qu’il s’agit dans cette finalitĂ© de notre jugement qui n’en est dĂšs lors plus un
 mais bien de l’existence propre c’est bien de l’existence dont elle est le sujet et non pas dont elle serait un moment comme n’importe quoi est un moment de l’existence en gĂ©nĂ©ral qu’il s’agit. Car donner l’existence, c’est la donner non pas comme un Ă©tat gĂ©nĂ©ral supposĂ© par tous les autres, mais prĂ©cisĂ©ment comme l’acte de son sujet, l’acte de l’existant lui-mĂȘme que dĂšs lors on dira vrai. Pas de diffĂ©rence, pour la Joconde, entre exister, ĂȘtre sujet de sa propre existence et s’offrir Ă  la rĂ©flexion comme la rĂ©solution de la question de l’existence. LĂ©onard est son auteur parce qu’il a autorisĂ© ce tableau Ă  ĂȘtre le sujet de sa vĂ©ritĂ© dĂšs lors propre – l’autoritĂ© n’étant rien d’autre, je le rĂ©pĂšte en ce dernier cours, que l’impossible antĂ©rioritĂ© vĂ©ritative de la vĂ©ritĂ© Ă  elle-mĂȘme il faut que le vrai soit autorisĂ© Ă  ĂȘtre le sujet de la vĂ©ritĂ©, laquelle l’est dĂšs lors vraiment. Et comment pourrions-nous opposer notre vie Ă  notre existence, l’anonymat de vivre et la butĂ©e d’exister, si rien ne nous avait appris Ă  distinguer celle-ci de celle-lĂ , et si personne n’avait, d’autoritĂ©, imposĂ© cette distinction ? On appelle auteur le sujet qui est vrai et non pas authentique ! et qui, Ă  l’instar d’ƒdipe, n’a pas reculĂ© devant la question qu’il Ă©tait pour lui-mĂȘme. Cette question, une fois admise la dĂ©finition de l’autoritĂ© comme vĂ©ritĂ© et donc Ă©trangetĂ© du sujet, c’est forcĂ©ment la question de la vĂ©ritĂ©. D’oĂč cette dĂ©finition toute simple on appelle auteur celui qui n’a pas reculĂ© devant la question de la vĂ©ritĂ©, qui accĂšde immĂ©diatement Ă  sa dimension philosophique dĂšs lors que nous reconnaissons ce truisme que toute question est une exigence de rĂ©ponse. Ne pas reculer devant la question de la vĂ©ritĂ©, c’est ne pas reculer devant la nĂ©cessitĂ© d’y rĂ©pondre. VoilĂ  ce que c’est qu’un auteur, concrĂštement. Le savoir des auteurs, c’est la rĂ©ponse qu’ils donnent Ă  une question qui n’est finalement pas celle de la rĂ©alitĂ© ils le font par ailleurs, lĂ  oĂč ça ne compte pas mais bien celle de vĂ©ritĂ© le dernier mot du vrai savoir, c’est le fin mot de l’énigme que l’auteur est dĂ©finitivement pour lui-mĂȘme. Il y a une nĂ©cessitĂ© de rĂ©pondre ; la plupart des humains l’esquivent – parfois dans la dĂ©sinvolture, souvent dans la haine. On appelle auteur celui qui ne l’esquive pas. C’est pourquoi la question est exclusivement Ă©thique. RĂ©pondre de quoi ? De la vĂ©ritĂ© dont il s’agit de produire le savoir. Il me semble possible d’arrĂȘter sur ce mot cette trĂšs longue sĂ©rie sur l’auteur et sur l’autoritĂ©. La prochaine annĂ©e, que j’envisage trĂšs diffĂ©rente dans son organisation, commencera dans la seconde partie du mois d’octobre. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite de bonnes vacances.